Business Case

CRM/Tools Ops

Un business case de 4 cas pratiques préparés pour mon entretien chez Artur'in. Tout part de mes propres réflexions et idées : l'IA m'a servi à construire le front-end et à donner du relief à ces idées pour qu'elles soient plus explicites.

Adam Bouhassoune 4 cas Avril 2026
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Salesforce CRM Business Case
Adam Adam Bouhassoune
Cas n°1

Comment je distribuerais les leads à l'équipe SDR alternants

Johanna veut que les leads chargés (Demande de Démo et Livre-blanc) soient répartis équitablement entre les 4 alternants : Soufiane, Thomas, Mohamed et Charles Justin. Personne ne doit être submergé, personne oublié.

🎯
Un système simple, équitable et auto-correctif : chaque lead va à l'alternant disponible qui en a le moins, et aucun lead ne dort plus de 24h.
Le contexte

Le problème en une phrase

Aujourd'hui, l'attribution n'est pas systématique. Un alternant peut hériter de 20 leads dans la journée pendant qu'un autre n'en a aucun.

Ajoutez à ça le fait que les alternants ne sont pas tous présents tous les jours (ce sont des étudiants, ils alternent école et entreprise), et vous avez régulièrement des leads oubliés chez quelqu'un qui n'est pas là.

Ma logique

4 règles simples qui guident le système

  • Tour de rôle équitable. On distribue chaque nouveau lead au SDR qui en a reçu le moins récemment. Personne n'est favorisé, personne n'est oublié.
  • Présence d'abord. On ne donne un lead qu'à un alternant présent ce jour-là. Les autres sont ignorés par le système jusqu'à leur retour.
  • Distinction par source. Une "Demande de Démo" est plus chaude qu'un "Livre-blanc". Les deux sont distribuées, mais on peut imaginer un compteur séparé pour mesurer l'équité par type de lead.
  • Filet de sécurité. Si un lead n'est pas pris en charge dans les 24h, il revient dans une "queue commune" et une notification est envoyée au manager. Aucun lead ne dort.
Démonstration

Le simulateur en action

Voici le système tel que je l'imagine côté Salesforce. Cliquez sur les boutons pour voir comment chaque nouveau lead est attribué automatiquement à l'alternant disponible qui en a reçu le moins. Le bouton ● permet de mettre un alternant en mode "indispo" (jour à l'école) pour voir comment le système s'adapte.

Distributeur de leads · SDR Alternants
0Leads DR
0Leads LB
0Total
Soufiane
Soufiane Barka
SDR Alternant · Lun-Mar-Mer
0
Thomas
Thomas Carreau
SDR Alternant · Mar-Mer-Jeu
0
Mohamed
Mohamed Khadhri
SDR Alternant · Lun-Jeu-Ven
0
Charles Justin
Charles Justin Youmbi
SDR Alternant · Mar-Jeu-Ven
0
Activité en temps réel
Cliquez sur un bouton pour générer un lead
et voir le système l'attribuer automatiquement.
Concrètement, comment on l'automatise

Deux options pour faire tourner ce système dans Salesforce

Je creuserais deux pistes pour passer du concept à un outil que Johanna peut activer demain.

À garder en tête

Option 2 — Outils externes (LeanData, Distribution Engine)

Solutions spécialisées branchées via API, conçues pour le routing de leads B2B.
  • Gèrent les cas tordus (vacances, fuseaux, équipes multiples)
  • Interface visuelle dédiée au routing
  • Payant, par licence ou par utilisateur
  • Ajoute une dépendance externe à maintenir
À considérer si l'équipe SDR scale : 10+ personnes, plusieurs fuseaux, règles métier multiples.
Bénéfices côté équipe & côté business

Pourquoi cette approche fonctionne

  • Pour les SDR alternants. Charge équitable, plus de "j'ai été oublié" ou "j'en ai trop", visibilité sur ce qui leur tombe dessus.
  • Pour Johanna. Pilotage simple : un coup d'œil sur le compteur par alternant et on voit immédiatement si le système tourne rond.
  • Pour le business. Temps de prise de contact qui descend, taux de transformation des leads qui monte mécaniquement.
  • Pour le système. Tout est tracé dans Salesforce, aucun lead ne se perd, et l'historique permet de mesurer la performance individuelle si besoin.
Cas n°2

Comment je récolterais l'information clé d'un call CSS

Les coachs CSS doivent sortir de chaque appel avec une trace structurée, exploitable par le reste de l'équipe, sans alourdir leur quotidien.

📝
Le formulaire CR de CSS Call existe déjà sur Salesforce. Mon apport, c'est de lui brancher la transcription du call et de laisser l'IA pré-remplir les champs. Le coach valide en quelques secondes au lieu de tout saisir à la main.
📝
Formulaire
CR - CSS Call - Garage LAMBERT
Nouveau : remplir le formulaire automatiquement depuis la transcription du call (Modjo / Aircall).
Information
Formulaire Name CR - CSS Call - Garage LAMBERT
Subjective healthscore 8
Account Garage LAMBERT
Envoi Email Parrainage
Contact Sophie LAMBERT
Envoi Email NPS
Responsable Actuel 👤 Jaouhar Soussi
Envoi Email Sensibilisation
Récap Call
Points bloquants
Client Profile Passif content
Focus Referral Pas abordé
Options Mentionnées en Call Client
Boost'in Facebook
Process RTC
Boost'in Google
Shoot'in
Boost'in Insta
Seeble
Site Web
Multisites / MA
Prochain Call
Points à voir prochain call
Notes
Feedback Produit
Feedback Produit Aucun
Insatisfaction sur l'Existant
Suggestion d'Amélioration du Client
Points Satisfaction Client
Scoring (ONLY KA :)
Score Engagement
Score Satisfaction

Analyse de la transcription en cours…

L'IA récupère le transcript du call et extrait les informations pertinentes pour pré-remplir le formulaire. Le coach garde toujours la main pour valider ou amender.

Récupération de la transcription du call
Identification du contexte et du sentiment client
Extraction des points bloquants et signaux faibles
Détection des options évoquées et de l'upsell
Pré-remplissage du formulaire
Mes réflexes

Les questions et best practices que j'ai en tête

Bref, sans détourner. Voilà ce qui me passe par la tête face à ce genre de sujet :

  1. Est-ce que le coach va remplir ça en 2 min ? Si non, c'est trop lourd, je coupe des champs.
  2. Champs structurés > texte libre dès qu'on veut analyser plus tard.
  3. Chaque champ doit servir à quelqu'un. Sinon il dégage.
  4. L'IA fait 80% du remplissage à partir du transcript, le coach valide.
  5. Je mesure la complétion par champ et par coach pour savoir ce qui marche.
Cas n°3

Quelles sources méritent qu'on investisse dessus ?

3 099 opportunités, 286 gagnées, taux global de 9,2%. Cette moyenne cache des écarts énormes : certaines sources transforment à 28%, d'autres à 5%.

📊
L'écart de performance entre les sources est très large. Les sources les plus efficaces transforment 3 fois mieux que la moyenne, les moins efficaces font moitié moins. Tant qu'on ne pilote pas par source, on laisse beaucoup de performance sur la table.
Opportunités
3 099
Sur la période analysée
Gagnées (WON)
286
Conversions effectives
Taux global
9,2%
WON / Opportunités
G-Sources actives
4
Paid Ref · DR · Event · Content
Google Sheets
Voir le fichier source de l'analyse
Ouvre le Google Sheet avec les tableaux croisés dynamiques et toutes les opportunités utilisées pour cette analyse.
Vue n°1 — par Provider

Le détail des canaux

J'ai trié les providers du plus performant au moins performant (en taux de transformation WON/OP). Ce qui ressort visuellement : un trio de tête aux performances exceptionnelles, un milieu de tableau autour du 8-9%, et une queue où on consomme du volume sans rien convertir.

Provider Op RV1 WON RV1/Op WON/Op
Artur'In Website · organique direct 100 69 28 69% 28,0%
Artur'In Sales · outbound interne 179 125 50 70% 27,9%
Linkedin Ads 523 246 46 47% 8,8%
Partners 600 223 52 37% 8,6%
Facebook Ads 553 259 45 47% 8,1%
Artur'In CS 226 38 17 17% 7,5%
Tradeshow 282 121 16 43% 5,7%
Google Ads 37 17 2 46% 5,4%
Artur'In Marketing 599 168 31 28% 5,2%
Tri du plus performant au moins performant (WON/Op). Vert = top 2, rouge = bottom 2.
Voir la version Excel (sortie du tableau croisé dynamique) Tableau provider Excel

Ce que je lis dans ces chiffres

Artur'In Website & Sales transforment 3 fois mieux que la moyenne. 28% sur le site, c'est de l'or. Ce sont des prospects venus d'eux-mêmes. Sales à 27,9% confirme la même chose côté outbound bien ciblé.

Le milieu de tableau est tenu par les leads payants. LinkedIn, Partners, Facebook : tous autour de 8%. Trois fois moins efficaces, mais avec 5 à 6 fois plus de volume, donc plus de WON en absolu (Partners ramène 52 WON contre 28 pour le Website).

Google Ads et Marketing posent question. Google Ads, 37 opportunités pour 2 WON : soit le ciblage est mauvais, soit le budget est trop faible. Marketing : 599 opportunités pour 31 WON, c'est de la quantité sans qualité.

Top performer

Doubler la mise sur Website & Sales

28% de conversion, c'est exceptionnel. La question n'est plus "est-ce que ça marche" mais comment on en ramène plus : SEO, contenu, outbound ciblé.

Volume play

Garder LinkedIn / Partners / FB mais surveiller le CAC

Le milieu de tableau ramène le plus gros volume de WON. Tant que le coût d'acquisition reste sain, on continue. Sinon, on arbitre.

À questionner

Revoir Google Ads et Marketing

Soit on trouve pourquoi ça ne convertit pas (mauvais mots-clés, mauvaise audience), soit on coupe le budget et on le réalloue ailleurs.

Vue n°2 — par G-Source

Et si on regroupe par grande catégorie ?

Quand on agrège par "famille" de leads, les écarts deviennent encore plus parlants. Paid Referral (recommandations payées via partenaires) sort largement en tête, et Content (livres-blancs, guides téléchargés) ferme la marche.

G-Source Op RV1 WON RV1/Op WON/Op
Paid Referral · reco partenaires 405 163 67 40,2% 16,5%
DR · demande de démo entrante 1 243 616 126 49,5% 10,1%
Event · salons, conférences 328 132 22 40,2% 6,7%
Content · livre-blanc, guide 1 123 354 71 31,5% 6,3%
Tri du plus performant au moins performant. Vert = top, rouge = à arbitrer.
Voir la version Excel Tableau G-Source Excel

Mon interprétation

Paid Referral à 16,5% est le meilleur euro investi. 67 WON sur 405 opportunités, 2,5× mieux que les autres canaux. Logique : un prospect recommandé arrive avec une brique de confiance déjà posée.

DR (Demande de Démo) reste le pilier. 126 WON, presque la moitié du total. Le taux est plus modeste (10%) mais le volume tient les revenus. À surveiller comme du lait sur le feu.

Content sous-performe et c'est le sujet le plus intéressant. 1 123 leads pour 71 WON, soit 6,3%. Le problème n'est pas le volume, c'est la maturité. Quelqu'un qui télécharge un guide se renseigne, il n'achète pas (encore). Il faut nurturer avant de passer aux SDR, sinon on cannibalise leur temps.

Mes 3 recommandations

Si je devais arbitrer demain matin

  1. Investir plus sur Paid Referral. C'est le canal au meilleur retour. Augmenter le nombre de partenaires, mieux les outiller, mieux les rémunérer si besoin. Chaque euro investi rapporte plus que partout ailleurs.
  2. Mettre en place un nurturing sérieux sur les leads Content. Aujourd'hui ils arrivent et tombent dans le pipeline commercial sans qualification supplémentaire. Il faut au minimum un séquencement email pour les réchauffer avant de les passer aux SDR. On gagnerait sur les deux tableaux : meilleur taux de conversion ET commerciaux moins frustrés.
  3. Décider rapidement sur Google Ads et Marketing. Je vire David… je rigole 😅. Plus sérieusement : soit on identifie ce qui ne marche pas (audience, créa, mots-clés, landing page) et on corrige sous 30 jours, soit on coupe le budget et on le réalloue vers Paid Referral. Dans les deux cas, on arrête de payer pour des leads qui ne transforment pas.
Ce que je voudrais savoir en plus

Pour aller plus loin dans l'analyse

Le tableau actuel ne donne qu'une vision compteur. Pour vraiment piloter, j'aimerais croiser ces chiffres avec d'autres dimensions.

  • Le coût par canal (CAC). Sans ça, on compare des conversions sans savoir laquelle nous coûte le moins cher. Un canal à 8% peut être plus rentable qu'un canal à 28% si l'écart de coût est énorme.
  • Le panier moyen (ACV). Tous les WON ne se valent pas. Si Paid Referral ramène des plus gros contrats, le ratio se déforme encore plus en sa faveur.
  • Le délai de cycle de vente. Un canal qui transforme moins mais plus vite peut être préférable à un canal qui transforme bien mais lent (cash-flow).
Cas n°4

Le flow Salesforce : quand un prospect devient client

Dès qu'une opportunité passe en "Won", toute la machine doit se mettre en route automatiquement. Le compte change, l'équipe ADV est notifiée, les contacts suivent, et personne n'a à y penser.

J'ai construit le flow dans une org Salesforce de démo pour montrer la logique en pratique. 5 étapes qui s'enchaînent en moins d'une seconde, depuis l'opportunité Won jusqu'à la tâche envoyée à l'équipe ADV.
Le déroulement étape par étape

Le logigramme du flow

Chaque case représente une étape logique du flow. Les flèches montrent l'enchaînement automatique. Le tout se déclenche en moins d'une seconde dès que l'opportunité bascule en "Won".

🎯 Une opportunité passe en "Won"
C'est le déclencheur unique du flow.
Le compte devient un Compte Client
On bascule le statut du compte : il sort du pipeline commercial et entre dans le périmètre de suivi client.
Le propriétaire du compte devient un coach CS
L'owner du compte change automatiquement : on passe d'un commercial à un coach Customer Success qui prendra le relais.
Les contacts sont mis à jour et attribués au coach CS
Tous les contacts liés au compte suivent : leur owner devient le coach CS, pour que les prochains échanges aient le bon interlocuteur.
L'équipe ADV reçoit une tâche
Une tâche est créée et assignée à la queue ADV : n'importe quel membre de l'équipe peut la prendre en charge dès qu'il a un créneau.
✅ Tout est synchronisé, le client est pris en main
Démo dans Salesforce

Le flow est réellement construit, vous pouvez l'ouvrir

J'ai pris le temps de monter ce flow dans une org Salesforce de démo, ainsi qu'un compte d'exemple sur lequel vous pouvez voir le résultat. Cliquez sur les deux blocs ci-dessous pour ouvrir directement Salesforce dans un nouvel onglet.

Pourquoi ce flow vaut le coup

Ce qu'on retire de cette automatisation

  • Plus de "j'ai oublié de prévenir l'ADV". Aujourd'hui, ce passage de relais est souvent fait à la main, par email ou Slack. Avec le flow, c'est instantané et c'est tracé.
  • Une donnée toujours propre. Le statut du compte, l'owner des contacts, les tâches associées : tout est cohérent en permanence. Plus de comptes "Won" qui restent en pipeline.
  • Du temps rendu aux équipes. Le commercial passe à l'opportunité suivante au lieu de gérer la transition. L'ADV reçoit un brief structuré au lieu d'un email à décrypter.
  • Un point unique de modification. Si la règle métier change demain (par exemple, on change le mapping entre secteur et coach CS), on modifie le flow à un seul endroit. Pas besoin de réviser des process écrits dans des Notion ou des Google Docs.
Le bon réflexe

Ce que je retiens en tant que CRM/Tools Ops

Un flow comme celui-là, ce n'est pas du "bricolage Salesforce". C'est un petit morceau de logique métier qu'on rend automatique pour libérer l'humain des tâches répétitives.

Mon rôle, c'est exactement ça : identifier les frictions du quotidien, comprendre ce qui doit rester humain, confier le reste au système. Et comme tout se construit sans code dans Flow Builder, je peux itérer vite quand le business évolue, sans dépendre d'un développeur.

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